jeudi 19 novembre 2015

5 décembre 2015, Association Maitron Languedoc-Roussillon, Journée d’études de Perpignan: Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon XIXème-XXIème siècle

                                                        Programme du 5 décembre 2015
                                               Association Maitron Languedoc-Roussillon
                                                            Journée d’études de Perpignan, 
                                                      Université de Perpignan-Via Domitia


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                          MATIN  ( présidence de Raymond Huard)

À 9 h, OUVERTURE de la Journée par Richard Vassakos, président de l’Association.
    
Le patronat des mines et des forges au XIX° siècle    :
 - Lionel DUMOND :  Le patronat des bassins miniers de l’Hérault.
-  Nicolas MARTY : Rémy Jacomy, la reconversion d’un maître de forges du  Conflent en exploitant de mines de fer.
Aspects transversaux XIX° / XX° siècles :
  - Jean-Louis ESCUDIER, L’implication des femmes dans les houillères du Languedoc, 1890-1980
  - Ruben MOLINA, Le patrimone industriel du Canigou : mines et forges, présentation des fonds collectés, archives départementales et autres fonds.

   APRÈS-MIDI (présidence d'André Balent)
À partir de 13h30, Guerres et mines   :
    - Fabrice SUGIER :   Du relèvement moral à la Révolution nationale, les pouvoirs publics et la population minière dans le bassin alesien, 1939-1945.
  - Didier LAVRUT : Loger les mineurs algériens de La Grand-Combe : concurrence des acteurs et affrontements idéologiques, 1946-1954.
Vers la fin de l’exploitation minière :
   - Thierry BARTHOULOT : Les mineurs paysans ou la double activité dans le       bassin minier de Graissessac-Le Bousquet d'Orb.
   - Pierre SCHILL :   Mai 68, les « gueules noires » de l’Hérault et des Cévennes et les rejeux de l’identité minière.
CONCLUSION de la Journée par Nicolas Marty. Fin à 17h30.
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Informations pratiques :
Lieu : Université-Universitat de Perpignan-Perpinyà-Via Domitia, 52, avenue Paul Alduy, 66100 – Perpignan
Contacts :
— AMLR (Association Maitron Languedoc-Roussillon) :
c/o, Hélène Chaubin, 32, rue Armand Jamot, 34 000 – Béziers

— CRHiSM (Centre de recherches historiques sur les sociétés méditerranéennes), Université de Perpignan Via-Domitia, 52, avenue Paul Alduy, 66100 – Perpignan

mercredi 11 novembre 2015

"JOE HILL" de Bo Widerberg

 "JOE HILL" de Bo Widerberg, prix spécial du Jury à Cannes en 1971, film autour de cette figure historique des luttes sociales aux États-Unis était resté invisible depuis. Il ressort en France le 18 novembre prochain grâce au distributeur Malavida Films dans une version entièrement restaurée.

Le cinéma Utopia à Montpellier va programmer le film en sortie nationale dès les 18 novembre, pendant au moins 2 semaines. Au vu des thèmes portés par le film et de sa qualité, il semble intéressant de vous proposer de le découvrir et de soutenir sa diffusion autour de vous, en communiquant auprès de vos contacts et réseaux. Mais aussi en proposant au cinéma qui le programme d'organiser une séance de ciné-débat en lien avec d'autres collectifs, ou d'y participer. D'autres cinémas que vous connaissez dans le département de l'Hérault pourraient aussi le programmer s'ils sont sollicités localement par des collectifs ou des associations.
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En 1902, deux immigrants suédois, Joel et Paul Hillström, arrivent aux Etats-Unis. Ils doivent faire face aux amères réalités, une langue nouvelle et l'effroyable pauvreté qui règne dans les quartiers de l'East Side à New-York. Paul quitte la ville, Joel y reste, amoureux d'une jeune Italienne. Mais l'aventure est de courte durée. Rien ne le retenant à New-York, Joel, devenu Joe Hill, se met en route vers l'Ouest pour retrouver son frère. Au cours de son périple, il rencontre des membres du syndicat révolutionnaire pacifiste Industrial Workers of the World (IWW) et intègre leurs rangs...

Film événement et devenu culte, "JOE HILL" met en scène la biographie de ce jeune militant dont les chansons protestataires ont eu un impact énorme. Peu avant de mourir en novembre 1915, exécuté au terme d'un procès inique, il écrivait : "Don't mourn, organize ! Ne pleurez pas sur mon sort, organisez-vous !" Immigration, liberté d’expression, droits des travailleurs, condition pénitentiaire, police, justice, peine de mort, autant de questions essentielles posées par le film. La réponse de Joe est toujours humaine : il exige du pain, oui, mais aussi des roses. Car la beauté du film saisit ensemble le désir de justice et le désir de vie, bien plus fortement qu’aucun exposé didactique.

Bande-annonce du film : https://vimeo.com/141991913
La page du film sur le site du distributeur Malavida : http://www.malavidafilms.com/cinema/joehill
Dossier de présentation du film (4 pages de l'AFCAE) à télécharger : http://www.malavidafilms.com/download.php?id=320
Un extrait d'une séquence (avec la chanson "Pie in the sky") : https://vimeo.com/134731407

Le film "JOE HILL" est soutenu officiellement par la Ligue des Droits de l'Homme, par Ensemble contre la peine de mort, par la FIDH, par l'APHG, et par Les Amis du Monde diplomatique

lundi 9 novembre 2015

La nouvelle chronique cinéma d'Albert Montagne


Réjane-Hamus-Vallée et Caroline Renouard (dir.), Les métiers du cinéma à l’ère du numérique, CinémAction n° 155, Ed. Corlet, juin 2014, 192 p., 24 euros.

Comme la révolution du parlant avait bouleversé le cinéma muet, celle du numérique a profondément transformé le cinéma, métamorphosant des pans entiers du Septième art qui n’a plus rien à voir avec celui d’à peine une décennie. Les métiers du cinéma à l'ère du numérique est logiquement préfacé par Frédérique Bredin, présidente du CNC, tant les enjeux sont considérables. A la fois technologiques, esthétiques, économiques, professionnels, ils remettent en question tous Les métiers du cinéma, de la télévision et de l'audiovisuel (titre éponyme d'un CinémAction dirigé par René Prédal en 1990). Cette révolution silencieuse et systémique oppose des métiers de continuité et de rupture. Le premier chapitre, Filmer sans film ou les métiers du tournage numérique, souligne la sempiternelle magie du cinéma. Le directeur de la photo (Bérénice Bonhomme), passant de la pellicule au numérique, doit maîtriser sa caméra, travailler de pair avec le fabricant (Sony, Red, Arri), changer ses usages (utilisation de la cellule, étalonnage, contrôle de l'image), innover, expérimenter, d'où un regain d'intérêt. L’acteur numérique (Jean-Baptiste Massuet) est un mutant à l’ère de la performance capture : ses muscles enregistrés simulent un autre que lui qui devient secondaire. Le cinéma devient théâtre numérique séparant plus que jamais acteurs et spectateurs, désintégrant les corps. Où est la performance ? Que devient l’acteur ? Les ouvriers du numérique ou machinistes (R. Hamus-Vallée) nécessitent un nouveau matériel aux incessantes actualisations et des mises à niveaux par des formations souvent peu réalisées et vécues comme une perte de temps et d’argent. La caméra HD, plus fragile, sensible et imprévisible, a un équipement lourd et complet, considérable et coûteux, pour parer à tout. On passe d’un 12 m3 à un 35 m3. A contrario, la présence humaine rétrécit. Pis, tous les 6 mois, une nouvelle caméra, plus performante et complexe, sort, entraînant une surenchère de technique et de stress qui s’accélèrent : l’investissement du côté des techniciens, les bénéfices de celui des producteurs, multipliant les sensations de déséquilibre. Les cinéastes Olivier Nakache et Eric Toledano, interrogés par C. Renouard, donnent un précieux témoignage sur cette mutation. Pour Intouchables (2011), ils ont d’abord cherché à trouver un équilibre entre les avantages et inconvénients des deux technologies. La solution, étonnante, est un panachage : numérique en caméra Alexa pour les scènes de nuit, argentique en caméra 35 mm pour les scènes de jour. Avec Samba (2014), le côté hybride est impossible et le numérique s’impose. Les deux cinéastes réalisent avec Ana Antune - leur directrice de post-production, un métier devenu primordial - qu’ils ont vécu la fin de l’argentique. Autres métiers : le stéréographe (Pascal Martin) qui apporte du relief au film, passant de la projection 2D à la 3Ds, le photographe de film (l’ancien photographe de plateau)(Virginie Villemin) et le problème sempiternel des droits d’auteur, le scripte face au numérique (Olivier Caïra). Le second chapitre, La post production numérique, éclaire des métiers toujours plus nombreux : ingénieur du son (Alexandra Tilman, Jocelyn Robert et Pierre Bariaud), directeur de post-production (Kristian Feigelson), monteur, chef et assistant (Sébastien Denis), superviseur d’effets visuels (VFX)(R. Hamus-Vallée et C. Renouard), étalonneur/coloriste (C. Renouard), animateur 2D/3D (Sébastien Denis), infographiste (Panagiotis Kyriakoulakos). Le troisième chapitre, Diffuser autrement, égraine des métiers différents. La vidéo à la demande en France (Jean-Yves Bloch et Marianne Bloch-Robin) bouleverse la distribution et génère des métiers à haute technologie : administrateurs de réseaux, programmateurs, intégrateurs, web-designers, ergonomes. Si le projectionniste (Yannick Pourpour) est un métier en récession, l’automatisation renforçant sa « présence fantôme », l’archiviste numérique (Frédéric Rolland) et le restaurateur numérique (Emilie Leroux) deviennent des métiers essentiels. La promotion des films (Florian Lapôtre et C. Renouard) crée des réseaux sociaux (Facebook, Twitter), des sites et blogs cinéphiles, vitrines à part entière de films, cinéastes, genres, revues. En 2006, pour la première fois, les dépenses brutes de publicité sur internet dépassent celles des radios et salles de cinéma, le net devenant le troisième média de promotion des films sortant, d’où des métiers numériques nouveaux : attaché de presse, conseiller et stratège, développeur, graphiste, et l’émergence de blogueurs notables, sites phares, administrateurs de pages. Le critique numérique (Gilles Lyon-Caen) apparaît même. Enfin, la formation aux métiers du numérique (Frédéric Tablet) devient un enjeu majeur des universités et grandes écoles de cinéma. Une sélection exhaustive de sites internet d'associations, organisations et institutions professionnelles de cinéma et de l'audiovisuel et un glossaire conséquent concluent l'ensemble. Puisse ce livre éveiller des vocations ! 
Albert Montagne

Une recension de Jean-philippe Coullomb en rapport avec l'EMC : Eloge du blasphème de Caroline Fourest


Caroline FOUREST, Eloge du blasphème, Grasset, Paris 2015, 186 pages.


On connaît l’auteure, son joli minois qui fréquente assidument les plateaux de télévision, sa force de conviction qui confine parfois à l’imprécation religieuse, et on a entendu parler de ses approximations occasionnelles dans ses propos comme dans ses écrits. On retrouve dans ce livre écrit après les attentats de janvier dernier l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo, avec sa pugnacité coutumière. Si elle ne résiste pas à la tentation de régler des comptes, par exemple avec Pascal Boniface (mais il est vrai que lui-même ne la ménage pas), elle a le mérite de porter le fer là où il le faut en montrant toutes les hypocrisies, depuis celles d’un clan Le Pen jusqu’à celles de beaucoup d’associations ou de groupes qui prétendent défendre les minorités mais qui ne font que basculer dans le communautarisme et finissent par justifier l’injustifiable. Des associations de défense des homosexuels, des mouvements antiracistes, des membres de formations historiquement athées comme le PCF (dont Charb était proche) ou des intellectuels comme Emmanuel Todd se succèdent ainsi sous sa plume. Et on comprend que c’est une certaine gauche, héritière de celle qui ne voulait pas désespérer Billancourt, qui la désole au-delà de tout par sa cécité plus ou moins volontaire devant les réalités.
Elle s’attaque ensuite à la sulfureuse notion d’islamophobie pour montrer sa vacuité et l’imposture intellectuelle qu’elle représente, puisqu’elle ne sert qu’à faire condamner comme racistes des propos qui sont simplement hostiles à une religion, en pratiquant la même essentialisation que l’extrême-droite ramenant les fidèles à leur culte. Elle montre le danger de la posture différentialiste des Anglo-Saxons, qui finissent par placer sur le même plan dans leur presse les victimes et leurs bourreaux. On ne peut que lui donner raison quand elle explique que l’absence de laïcité et de Charlie Hebdo antireligieux chez eux n’a pas empêché nombre de citoyens britanniques ou américains de se retrouver dans les camps djihadistes. Ce n’est qu’à la fin de son ouvrage qu’elle arrive à la question du blasphème, en soulignant qu’il n’est pas synonyme de haine, bien au contraire, mais d’émancipation d’un ordre religieux souvent pesant. Traditionnel en France depuis la Révolution puis l’Assiette au beurre, il reste poursuivi dans de nombreux Etats, parfois par la peine de mort.
On l’aura compris, c’est un petit ouvrage écrit en réaction, mais un ouvrage de combat, d’un combat dans lequel Caroline Fourest a choisi son camp, celui de la liberté de l’individu et de son droit à la dérision.

mercredi 24 juin 2015

La chronique cinéma d'Albert Montagne: Institut Jean Vigo (dir.), Le cinéma s’affiche en grand,




Institut Jean Vigo (dir.), Le cinéma s’affiche en grand,
Arnaud Bizalion éditeur, juin 2015, 96 p. 17 €.

Le cinéma s’affiche en grand dirigé par l’Institut Jean Vigo, avec le soutien du CNC et du département des Pyrénées-Orientales, est le catalogue de l’exposition éponyme qui se tient du 19 juin au 30 août 2015 au Palais des rois de Majorque de Perpignan. La beauté des affiches et le 7e Art méritaient bien l’écrin le plus historique qui fût. Vu l’intitulé, on peut toutefois s’étonner de la petitesse de cet ouvrage - 21 x 15 cm - qui aurait grandement gagné en majesté. Nonobstant, les photos, en couleurs, sont somptueuses ; les pages, en papier glacé, sont agréables tant toucher qu’à la vue ; les affiches sont non seulement de premier choix mais aussi de formats différents et, qui plus est, souvent rares. Comme le souligne Michel Cadé, président de l’Institut Jean Vigo, l’IJV est riche de quelque 57.000 affiches, dont 52.000 cataloguées et inventoriées. A la quantité s’ajoute la qualité comme près de 200 affiches datent du muet et sont rares, comme celle de Jules Chéret avec Les pantomimes Reynaud de 1892. La présente exposition propose ainsi Les trois lumières de Fritz Lang de 1920, qui est l’unique exemplaire connu en Europe. Le testament du docteur Mabuse de 1933 est aussi rare avec un Fritz Lang transformé en Friti Lang. Eloignés du classique standard 160 x 120 cm, s’ajoutent des formats inhabituels et sujets à destruction : 240 x 320 cm, 160 x 240 cm, voire 200 x 200 cm. Ce fut Marcel Oms, fondateur de l’IJV et collectionneur passionné de tout, qui, dans les Années 60, fut à l’affût des bonnes occasions et fréquenta les anciens tourneurs, directeurs de salles, brocanteurs, collectionneurs. Les affiches ne sont alors que des objets sans grande valeur et s’achètent par lots. Mais acquérir n’est pas tout pour une cinémathèque, il faut aussi conserver et entoiler : Laurent Balester et Jacques Verdier, archivistes de l’IJV et commissaires de l’exposition, précisent que toutes les affiches présentées ont fait l’objet d’une restauration rigoureuse, et Régis Fromaget, restaurateur du patrimoine, Spécialité Arts graphiques et livre, à la Cinémathèque française, offre un passionnant témoignage sur la restauration des affiches. Il faut, surtout, exposer et faire savoir, d’où la double importance de cette exposition - de dimension nationale, attestée par la préface de Frédérique Bredin, Présidente du CNC - et de ce livre. Jacques Ayroles, responsable du Département des affiches de la Cinémathèque française, commente certaines affiches de l’exposition. Pour Marc-Antoine et Cléopâtre, film italien de 1913, « comme pour beaucoup d’affiches du cinéma muet, seul le titre du film est présent, aucune mention du réalisateur (Enrico Guazzoni) n’apparaît, les acteurs principaux sont dessinés mais ne sont pas nommés ». Pour Fantômas de Jean Sacha de 1946, « les deux affiches exposées sont rares, le grand format n’est pas fréquent et le petit format est une vraie réussite. Avec peu de couleurs, l ‘atelier crée l’inquiétude, opposition des rouges et du noir, le titre Fantômas se détache franchement, il se répercute dans le ciel rouge. Il faut l’approcher pour lire le reste de l’affiche : nous découvrons une ville fantomatique livrée à la merci d’un justicier ou d’un tyran masqué ». Les 38 affiches sont réparties en 7 chapitres à l’image de l’exposition en 7 salles : Les grandes fresques des années 20, Affiches des premiers temps, Les génies du crime, La comédie populaire, Amour et mélodrame, Drames historiques, Polar et documentaire. Résistant à la tentation, je ne citerai pas toutes les affiches, il faut les découvrir soi-même pour les apprécier pleinement de visu. Tout comme il faut voir l’exposition, il faut lire et relire le catalogue qui pérennise, plus que jamais, ces affiches de cinéma. Les notices du livre donnent de précieuses indications aidant à la compréhension de l’affiche. Personnellement, je mentionnerai trois censures méconnues, et surtout bêtes, de films affichés : J’ai 17 ans d’André Berthomieu de 1945, retraçant les amours d’un jeune lycéen, est interdit par le préfet des Hautes-Pyrénées aux mineurs de 16 ans ! Les dégourdis de la 11ede Christian Jaque et Ignace de Pierre Colombier, tous deux de 1937 avec Fernandel, sont interdits pour ridiculiser l'armée. Ceci dit, signalons, en index finaux, les pages originales avec noms et signatures des affichistes et celles des mini reproductions des affiches avec noms et pages. Un précieux petit ouvrage d’art, surabondamment illustré, à découvrir.
Albert Montagne


samedi 20 juin 2015

Historiens et Géographes: Sommaire du n°430



 N° 430 mai-juin 2015

Sommaire

EDITORIAL
• Extrême vigilance. Chat échaudé, craint l’eau froide (Bruno Benoit) p. 7

ACTIVITÉS DE L’APHG
• Comité national du 1er février 2015 (Claude Ruiz, Marc Charbonnier) p. 13
• Commission pédagogique nationale des collèges (Didier Doix, Françoise Martin) p. 17
• Enseigner les Humanités aujourd’hui (Communiqué commun Sophau / APHG) p. 18
• Commission pédagogique nationale des lycées (Séverine Tambéri, Loïc Verkarre) p.19
• Journée nationale du 28 mars sur la contribution de l’histoire-géographie à la formation des jeunes dans un cadre
laïc, Lycée Saint-Louis, Paris. « Comment enseigner la Shoah aujourd’hui » (Christine Guimonnet) p. 22
• Après les attentats de janvier. Résultats de l’enquête sur les réponses des professeurs à leurs élèves p. 28
• Communiqué de la Conférence des associations de professeurs spécialistes sur le projet de réforme du collège p. 30
• Motion A.P.L. / A.P.H.G. sur le CCF du Bac Pro p. 31

PEDAGOGIES
Mémoire et Histoire
• Commémoration du 11 novembre à Marseille par les Amis du Vieux Saint-Marcel et l’Association des Anciens
Combattants avec la participation de Marseille Patrimoine et Mémoire (2e
 partie) (Marie-Antoinette Pastor) p. 34
Défense
• Classes de collège
Des collégiens et des chasseurs alpins (Guillaume Yout) p. 35
Formation à l’image
• Classes de Seconde et classes de Première Supérieure
Analyse de séquences filmiques. William Wyler (1902-1981), 1re partie “Ben-Hur” (1959) (Eric Auphan) p. 41
Chronique Internet (Daniel Letouzey) p. 45
• Classes de Troisième et de Première
Leclerc ou la rébellion permanente (Christine Lévisse Touzé et Julien Toureille) p. 51
• Reportage
Cases et Baobabs (Jacques Portes) p. 55

DOSSIER : La Résistance
• Coordination : Jean-Marie Guillon et Bruno Leroux - 1re partie
Comité de rédaction : Sébastien Abertelli, Julien Blanc, Jean-Marie Guillon, Bruno Leroux, Cécile Vast p. 65 [Voir
sommaire détaillé]

VOIR, ECOUTER
• DVD (Yohann Chanoir, Bruno Calvès) p. 163
• Expositions sur la Préhistoire (Bruno Calvès) p. 167
• Festival de Perpignan. Confrontation 51, un festival Jeunes (Albert Montagne) p.168
• Expositions (Alain Laude et alii) p. 171
• Musique (Philippe Gut, Philippe Zwang) p. 187
• Théâtre (Jacques Portes) p. 191
Des compléments sont accessibles aux adhérents / abonnés dans le Supplément numérique 430 [en ligne
prochainement].

LIRE, RELIRE
• HG a noté (Alain Laude, Claude Ruiz et alii) p. 197
• Revues (Alain Laude et Claude Ruiz) p. 207
• Livres p. 213
• Mots croisés (Joseph Estèves) p. 251
Des ressources complémentaires pour cette rubrique sont disponibles dans le Supplément numérique 430 [en ligne
prochainement].

LA TABLE DES ANNONCEURS p. 252
Encarts : Cases et Baobabs p. 61 / 64
Expositions p. 183/186
Adhésion /abonnements

Photo de couverture : Des pêcheurs de la région de Vinanculos au Mozambique ont pris un énorme barracuda à Tofo ;
ils sont sur l’île et ne peuvent aller le vendre au port voisin, car leur bateau à voile est trop lent. Ils devraient trouver
preneur dans l’hôtel de luxe construit par des Africains du Sud, qui se trouve de l’autre côté de l’île.
© Jacques Portes.
Les services de la Rédaction d’Historiens & Géographes n° 430 - Tous droits réservés. 14/06/2015

dimanche 7 juin 2015

L’HISTOIRE AU COLLÈGE EST LOIN DU PANTHÉON

 Bruno Benoît, Président de l'APHG

Au moment où sont peaufinés les derniers textes de la réforme pour les programmes d’Histoire des collèges, il y a un paradoxe à dénoncer. En effet, si l’Histoire occupe une place de premier plan dans la geste politique du gouvernement et de la présidence de la République, comme lors du discours du Panthéon, elle n’est qu’un parent pauvre dans la future réforme. D’un côté, l’Histoire est magnifiée, instrumentalisée, récupérée, de l’autre, elle est malmenée, marginalisée, négligée.

Le Forum sur l’Histoire, organisé par le Conseil supérieur des programmes (CSP), qui s’est tenu à la Sorbonne le 3 juin 2015 n’a, en rien, apporté des réponses au malaise ressenti par de nombreux collègues et aussi par des parents d’élèves, face à cette réforme plus imposée que discutée.

Être historien, ce n’est agir ni en procureur, ni en partisan, ni en moraliste, mais de travailler, selon la belle formule de Marc Bloch, tel un juge d’instruction, impartialement. L’Histoire dit comment les choses se sont passées, faire de l’Histoire c’est décoder les a priori. La mémoire n’est pas l’histoire, car elle est plurielle, c’est une source à laquelle l’histoire recourt et non un récit à prendre comme tel.

L’Histoire mérite mieux que le devenir que lui réserve la réforme. C’est une science sociale, qui créé du lien, de la citoyenneté, qui élève le pays, avec laquelle on peut espérer construire le nouveau récit national qui permettra à tous les jeunes de France, quelles que soient leurs origines et leurs confessions, de mieux vivre ensemble sur le même territoire. Si la réforme des programmes est au centre des débats qui animent la société, c’est parce que l’Histoire, tant celle des pages blanches que des pages noires, est une composante indispensable pour bâtir la communauté nationale du XXIe siècle.

Pour démêler l’écheveau complexe des événements, pour les remettre dans leur contexte, pour répondre aux questions des élèves, pour les intéresser, pour les faire travailler sur des textes ou des illustrations, pour pouvoir travailler en équipe, il faut du temps, donc des horaires décents, il faut de la liberté pédagogique, donc faire confiance aux enseignants, il faut leur permettre d’avoir des savoirs renouvelés donc leur offrir, sur fonds ministériels, une formation permanente de qualité. Enfin, il faut redonner plus de place au disciplinaire dans les concours de recrutement.

Il ne faut pas composer un programme avec des modules obligatoires et d’autres optionnels, ce qui créé de l’incohérence, car le professeur est en mesure de choisir et de composer sa démarche en fonction de son public et, en ayant à cœur, d’éviter de tronçonner l’Histoire, car l’Histoire, nationale et mondiale, a vocation à être traitée de façon globale.

Cette réforme, qui se veut novatrice dans son approche « curriculaire », est maladroite dans sa formulation des programmes et manque de moyens, elle appauvrit les disciplines et peut être à l’origine d’inégalités territoriales. Il est encore temps de l’améliorer.

Bruno BENOIT
Président de l’Association des professeurs d’Histoire et Géographie
Professeur d’Histoire contemporaine à l’Institut d’Études politiques de Lyon